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Le pardon n’est pas une décision. C’est un moment.

  • Photo du rédacteur: Arnaud Guibert
    Arnaud Guibert
  • 8 févr.
  • 3 min de lecture

Il y a des mots qui semblent simples, mais qui portent un poids immense.Le pardon en fait partie.

On en parle souvent comme d’un choix à faire.Comme d’un effort moral.Comme d’un sommet intérieur à atteindre un jour, quand on sera enfin « prêt ».

Mais dans l’expérience intime, réelle, vécue…le pardon ne fonctionne pas ainsi.

Le pardon n’est pas une décision.C’est un moment.

Un moment où l’on n’a plus besoin de se protéger.Un moment où le corps se détend sans qu’on l’y oblige.Un moment où l’histoire est toujours là, mais ne brûle plus.

Cette mini-série est née de cette observation simple, presque évidente quand on la ressent :le pardon ne se fabrique pas.Il arrive.


Quand le pardon met mal à l’aise

Pour beaucoup de personnes, le mot « pardon » crée une résistance immédiate.Une contraction intérieure.Un non silencieux.

Et cette résistance n’est pas un problème.Elle est souvent très juste.

Parce que pardonner est confondu avec autre chose.

Avec excuser.Avec minimiser.Avec oublier.Avec se taire.Avec se soumettre.

Alors quelque chose en nous se dresse.Parce que personne n’a envie de trahir sa propre douleur .

Pardonner ne veut pas dire dire que « ce n’était pas si grave ».Pardonner ne veut pas dire donner raison.Pardonner ne veut pas dire se remettre en danger.

Dans son sens le plus simple, pardonner, c’est arrêter de porter seul ce qui fait encore mal.


Ce qui bloque vraiment le pardon

On croit souvent que ce qui empêche de pardonner, c’est la colère.En réalité, c’est rarement elle.

Ce qui bloque, le plus souvent, c’est :

  • une tristesse qui n’a jamais été entendue

  • une injustice qui n’a jamais été reconnue

  • une douleur qu’on a dû avaler en silence

Quand une blessure n’a pas été nommée, le corps s’en souvient.Même des années plus tard.

On peut avoir compris avec la tête.Dire que « c’est du passé ».Mais à l’intérieur, la charge est toujours là.

Dans beaucoup de familles, on apprend tôt à ne pas déranger.À être fort.À être sage.Alors on se tait.Et ce qui n’est pas dit devient lourd.

Le pardon arrive toujours après la reconnaissance.Jamais avant.


Le pardon ne commence pas dans la tête

On peut analyser.Comprendre.Rationaliser.

Et pourtant, le corps, lui, continue de réagir.

La respiration se bloque.Les épaules se tendent.Le souvenir déclenche encore quelque chose.

Parce que le pardon n’est pas une idée.C’est un état.

Il arrive quand :

  • l’émotion a été réellement traversée

  • la tension a pu se relâcher

  • la mémoire ne déclenche plus la même réaction

On ne se dit pas :« J’ai pardonné. »

On se rend compte, un jour, que ça ne fait plus pareil.


Pardonner sans se réconcilier

C’est un point essentiel.

On peut pardonner sans reprendre contact.Sans se réconcilier.Sans oublier.

La mémoire protège.La distance peut être saine.

Le pardon ne supprime pas les limites.Il enlève la charge.

Quand la charge émotionnelle diminue,les limites deviennent plus calmes.Moins défensives.Plus justes.


Un rituel intérieur, sans objectif

Le vendredi, je proposais un rituel très simple.Pas pour pardonner.Mais pour déposer.

S’asseoir dans un endroit calme.Fermer les yeux quelques instants.Penser à une situation passée, sans entrer dans les détails.

Observer le corps.Y a-t-il encore une tension ?Ou un peu plus d’espace ?

Si c’est juste, dire intérieurement :« Je n’ai plus besoin de porter ça maintenant. »

Respirer.Sans attendre de résultat.

Ce qui n’est pas prêt n’a pas à partir.


Le pardon comme relâchement

🌙 « Pardonner, ce n’est pas oublier.C’est se souvenir sans douleur. » — Thich Nhat Hanh

Cette phrase dit quelque chose de très précis.La mémoire reste.Ce qui change, c’est la charge.

Se souvenir sans douleur,ce n’est pas excuser.C’est sentir que quelque chose se détend à l’intérieur .


Reconnaître avant de lâcher

🌙 « On ne guérit pas ce que l’on nie. » — Carl Gustav Jung

Tant qu’une douleur n’est pas reconnue, elle continue de parler.Par le corps.Par les réactions.Par la fatigue intérieure.

Reconnaître, ce n’est pas rester coincé dans le passé.C’est dire :« Oui, ça a fait mal. »

Et parfois, cette reconnaissance suffit déjà à créer de l’espace.


Sans conclusion à tirer

Cette mini-série ne cherchait pas à convaincre.Ni à forcer.Ni à faire « mieux ».

Elle cherchait seulement à enlever la pression.

Peut-être que le pardon est déjà là.Peut-être pas encore.

Dans les deux cas, c’est juste.

Le plus important n’est pas de pardonner.Le plus important est de ne plus se faire malen portant encore ce qui est déjà passé.

 
 
 

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